Rencontre avec Madame Rap, entretien dans Ballast, 14 mars 2018

"Musique urbaine" ne veut rien dire et c’est de l’appropriation culturelle. C’est un mot fabriqué par la classe dominante, qui a été posé sur une culture méprisée pour l’institutionnaliser, la récupérer et l’abîmer. Dire "cultures urbaines" permet de dédiaboliser le hip-hop aux yeux de ceux qui ne le connaissent pas et ne le respectent pas. Le hip-hop réunit le rap, le graffiti, la danse, le DJing et le beatboxing, mais dans "musique urbaine", on met tout et n’importe quoi dans le même sac : le RnB, la soul, le reggae et le rap, c’est-à-dire des musiques de non-Blancs, en gros, de jeunes Noirs et d’Arabes violents qui vivraient dans cette fameuse, grande et unique "banlieue kifésipeur". C’est comme les formules "Black music" ou "musiques du monde". Il existerait une musique rurale, marine, forestière, blanche, gay ou qui vient d’Uranus ?...

Lire l'entretien sur Ballast

  • 14 Mars 2018