Journalisme

Rap : mélange des genres, 15 juin 2018

Si les figures queer s’affirment dans le hip-hop américain depuis plusieurs années, elles peinent encore à se montrer en France, où les questions d’identités sexuelles restent largement taboues. Panorama.

Lire l'article sur Libé

  • 15 Juin 2018

 

Vous l’aurez remarqué, la parole des hommes est omniprésente dans notre monde, souvent au détriment de celle des femmes. Et pourtant, certaines paroles masculines restent rarement entendues. Tourné fin 2017 en Martinique, ce documentaire nous plonge au cœur de ces silences, à travers la quête de D’ de Kabal, cofondateur du groupe Kabal, qui a marqué la scène rap durant les années 1990, auteur, metteur en scène et « chercheur en écrit et oralité ».

Après avoir créé plusieurs spectacles sur la déconstruction du masculin, dont L’homme-femme / les mécanismes invisibles, D’ lance en février 2016 des Laboratoires de déconstruction et redéfinition du masculin par l’art et le sensible, groupes de paroles non-mixtes réservés aux hommes. L’artiste initie d’abord « ce projet individuel qui ne peut que se transformer en projet de société » à Bobigny (93), où il vit, puis à Villetaneuse (93), Kourou, en Guyane, et Fort-de-France, en Martinique, d’où il est originaire.

En Martinique, comme ailleurs, les hommes livrent une parole inédite. En échangeant autour de l’intime, du désir et de la notion de consentement, et avec l’art comme fil rouge, ils tentent de se défaire des injonctions de la société à être un « vrai homme » pour construire un « homme véritable », en phase avec sa sensibilité profonde.

Dans le contexte actuel de #BalanceTonPorc et #MeToo, ce film démontre que la question du consentement et du désir dépasse largement les clivages de genre, transcende les différences culturelles et que la déconstruction du masculin constitue l’une des clés de l’égalité. 

 

LES AUTEURS

C’est par le biais de Madame Rap, premier média en France dédié aux femmes dans le hip hop, que D’ de Kabal et Éloïse Bouton se rencontrent en 2016. En tant qu’homme artiste issu du rap, l’artiste se reconnaît dans le projet de la journaliste et militante féministe. Tous deux commencent alors à réfléchir à des moyens de créer des ponts et des espaces communs de travail sur les questionnements qui les habitent. A l’époque, D’ de Kabal, qui travaille depuis plusieurs années à l’écriture de spectacles autour des problématiques de genres, vient de lancer ses Laboratoires de déconstruction et redéfinition du masculin par l'art et le sensible.  Ce dispositif étant nouveau, l’artiste rencontre des difficultés à échanger sur le sujet avec des personnes suffisamment conscientes de la nécessité de déconstruire les modèles de références, tant masculins que féminins. Et lorsqu’il parle de consentement masculin, il n’est pas rare que ses interlocutrices/teurs ne comprennent pas de quoi il s’agit…

Il demande alors à Éloïse Bouton de développer une version féminine de son projet, afin de la proposer à un public de femmes à Villetaneuse, en Seine-Saint-Denis, mais aussi à Kourou en Guyane. La finalité, réunir les groupes de parole féminins et masculins en un laboratoire mixte pour faire converger les propos échangés.

Dans ces laboratoires mixtes, Éloïse Bouton découvre des hommes hétérosexuels qui parlent de désir, d’érection et de sexualité, sans fanfaronner ou dissimuler leur fragilité derrière des postures de domination, de connivence ou d’humour gêné. Il lui apparaît dès lors évident que D’ de Kabal et elle travaillent à des endroits différents, mais sur des problématiques similaires.

Pour le fondateur des laboratoires, ce travail commun marque un tournant dans son approche de différentes problématiques. Le regard d’Éloïse Bouton et son expérience importante avec des groupes de paroles féminins le conduisent à préciser sa réflexion et à penser en profondeur ses dispositifs réservés aux hommes. Le binôme qu’ils forment devient un moteur dans leurs recherches respectives : la façon dont le curseur bourreau/victime peut se déplacer, les questions relatives aux mécanismes de conditionnement et de stéréotypes de genres, la part de violence inhérente en chacun.e, sont autant de sujets sur lesquels leurs expertises respectives s’emboîtent, résonnent, font écho et composent ensemble.

De son côté, la militante féministe trouve dans ces laboratoires un intérêt majeur, comme un miroir aux travaux historiques sur le consentement et le désir féminins et la (re)construction d’un soi libéré du regard masculin ou des systèmes de domination. En quinze ans d’expérience associative, c’est la première fois qu’elle rencontre des hommes qui s’emparent de ces sujets de l’intérieur. Car la force et la particularité des participants à ces laboratoires résident avant tout dans leur position d’ « agents doubles » : ils questionnent la domination masculine, tout en faisant a priori  partie du camp des dominants. Il lui semble alors essentiel de parler de ce regard, qui apporte un éclairage nouveau, précieux et complémentaire sur l’oppression des femmes.

Ainsi, lorsqu’au début de l’année 2017, la journaliste propose à D’ de Kabal de co-écrire un documentaire sur ces groupes de parole, c’est tout naturellement qu’il accepte de porter à l’image ce travail et de le présenter à un plus grand nombre. Car si ces laboratoires balayent les injonctions sociétales qui oppressent autant les femmes que les hommes, ils proposent aussi des solutions pour les dépasser, sortir des clivages et de la binarité, et promettent une autre société, égalitaire. D’apparence utopique, il s’agit en fait d’une démarche très concrète, puisqu’elle part de la sensibilité de chacun.e, de l’intime, et brasse des notions qui nous concernent tou.te.s, au-delà de nos différences culturelles, sociales et identitaires.

 

Éloïse Bouton

 

Journaliste, autrice, militante féministe et LGBT+, Éloïse Bouton travaille notamment pour Causette, Cheek et Brain Magazine. Elle est également la fondatrice de Madame Rap, premier média en France dédié aux femmes dans le hip hop.

 

D’ de Kabal

 

Cofondateur du groupe Kabal, qui a marqué la scène rap durant les années 1990, D’ de Kabal s’investit depuis 2006 dans le théâtre. Avec sa compagnie R.I.P.O.S.T.E., il écrit et met en scène une dizaine de spectacles, notamment autour des rapports hommes/femmes. En 2016, il lance des laboratoires de déconstruction et redéfinition du masculin par l’art et le sensible. 

 

INFOS

LE BRUT DE NOS SILENCES

Documentaire – 52 minutes – 2017

Diffusion : Mardi 6 mars 2018 à 23 h sur France Ô

Réalisation : Adrien Benoliel

Production : ROCHE Productions

Lien disponible sur demande

Télécharger le communiqué de presse du film

 

  • 19 Février 2018

Charge mentale : les couples gays ne sont pas épargnés, septembre 2018

 

Déconstruire le mythe de la masculinté, septembre 2018

 

Le rap, art méprisé, décembre 2017

 

Edito : #BalanceTonPorc, #MeToo, l’ambivalente parole masculine", décembre 2017

 

 

  • 22 Décembre 2017

#BalanceTonRap, janvier 2017

"On dirait qu’il se passe un truc dans le rap game. Serait-ce une prise de conscience subite post #BalanceTonPorc et #MeToo ou l’avènement d’une nouvelle génération plus gender fluid que ses aîné.e.s, pour qui la binarité n’est qu’une incongruité ?

En effet, 2017 a vu émerger des discours de rappeurs plutôt surprenants. Si certaines figures phares du rap US se démarquent depuis des annéesde l’image de gangsta, hypertestostéroné, leurs alter egos français peinent à se faire connaître. Pourtant, le glissement semble timidement s’opérer..."

 

 

Lesbiennes, droits devant, novembre 2017

"Si la prochaine conférence n’aura lieu que dans deux ans dans une autre ville européenne, la ligne directrice se dessine déjà : faire preuve d’encore plus d’inclusion (des lesbiennes non blanches, migrantes, musulmanes, en situation de handicap, russophones…), accroître la présence des pays de l’Europe de l’Est et collecter plus d’argent pour « gouiner le monde entier », comme on peut le lire sur les vitres de la Ankerbrot, transformées en étendards le temps d’un week-end."

 

A la recherche de la nouvelle Diam's, octobre 2017

"Soprano, Alonzo, Jul, Maître Gims, PNL… Si les rappeurs squattent le sommet des charts en France, aucune rappeuse depuis Diam’s ne s’est hissée au rang d’artiste populaire. Frilosité des labels et stigmatisation des médias, retour sur les multiples causes de cette invisibilisation persistante dans un pays où le rap comptabilise les plus importantes ventes de disques."

 

 

  • 13 Octobre 2017

Grosses et fières de l'être, les rappeuses body positive prennent le micro, 30 octobre 2018

Assumer son corps non conforme aux normes et revendiquer ses rondeurs comme outil d’affirmation et de libération: depuis quelques années, certaines rappeuses nouvelle génération font du body positive un combat en mots et en images. 

 

Lire l'article sur Cheek

 

7 rappeuses françaises à suivre en cette rentrée, 28 septembre 2018

De Nanterre aux Alpes Maritimes en passant par Roubaix, la France a donné naissance à une nouvelle génération de rappeuses qui façonnent leurs rimes ou leurs beats avec un talent qui n’a rien à envier à leurs cousines d’outre-Atlantique. Encore confidentielles ou déjà dans le radar des scruateur·rice·s de la scène hip hop, on vous présente ces valeurs montantes qui devraient très vite faire parler d’elles...

Lire l'article sur Cheek

 

7 choses que vouss ignoriez sur la cyprine, 10 avril 2017

Depuis toujours, les fluides corporels des femmes font peur. Elles ont des règles bleues, portent des culottes en dentelle blanche, des jupes tourbillonnantes et se roulent dans des champs de tournesols quand elles menstruent. Elles transpirent éventuellement quand elles accouchent ou courent le 100 mètres aux JO et leur caca sent la violette (d’ailleurs, la plupart du temps, elles ne font pas caca). Évidemment, la cyprine n’échappe à la règle...

Lire l'article sur Cheek

  • 10 Avril 2017

Les chanteuses de R&B sont-elles vraiment féministes ?, 24 mai 2017

Depuis le début des années 2000, de nombreuses stars du R&B, de TLC à Destiny’s Child en passant par Alicia Keys, sont érigées en icônes féministes sans pour autant qu’elles le revendiquent. Alors comment comprendre cette ambivalence et savoir si elles sont féministes ou pas?...

Lire l'article sur Cheek Magazine

 

Les hommes ont tout intérêt à être féministes et l'ont bien compris, 10 mars 2017

Par convictions profondes ou déconstruction (parfois inachevée), de plus en plus d’hommes se revendiquent féministes. Mais qu’ont-ils vraiment à y gagner?...

Lire l'article sur Cheek Magazine

  • 10 Mars 2017

R&B : un féminisme ambivalent ?, 21 mai 2017

Depuis le début des années 2000, de nombreuses stars du R&B, de TLC à Destiny’s Child en passant par Alicia Keys, sont érigées en icônes féministes sans pour autant qu’elles le revendiquent. Alors comment comprendre cette ambivalence et savoir si elles sont féministes ou pas ?...

Lire l'article sur Les Inrocks

 

Les hommes ont tout intérêt à être féministe et l’ont bien compris, 24 février 2017

Par convictions profondes ou déconstruction (parfois inachevée), de plus en plus d’hommes se revendiquent féministes. Mais qu’ont-ils vraiment à y gagner ?...

Lire l'article sur Les Inrocks

 

Le polyamour peut-il vraiment marcher ?, 11 février 2017

Jada Pinkett et Will Smith, Virginia Woolf et son mari Leonard, ou encore Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : ces célèbres polyamoureux semblent avoir trouvé la forme de couple idéale. Mais quelles sont les limites à respecter pour que ces relations multiples et simultanées conviennent à tous les protagonistes ?...

Lire l'article sur Les Inrocks

 

Comment devient-on féministe ?, 4 février 2017

La politique, les médias, la mode, la culture, l’art, la santé ou l’espace public, le féminisme semble s’être insinué dans tous les domaines de la société. Mais si cette parole se libère, les raisons qui poussent les féministes à s’autoproclamer comme telles demeurent souvent ignorées. Plusieurs d’entre elles nous expliquent leur cheminement entre déconstruction et contradictions...

Lire l'article sur Les Inrocks

  • 04 Février 2017

"T'es homo, sans blague ?" : mon coming-out auprès de mes parents a changé ma vie, interview vidéo dans Le Plus de L'Obs, 11 octobre 2016

Ce 11 octobre est célébrée la journée mondiale du coming-out. Une étape de la vie qui reste bien souvent très difficile, voire impossible, pour beaucoup de personnes. Stéphane, comédien de 39 ans, raconte en vidéo comment il a annoncé à ses parents qu'il était homo...

 

Voir la vidéo sur Le Plus de L'Obs

 

Trois histoires de coming out, 6 octobre 2016

Ils sont trois. Ils s'appellent Stéphane, Alice, François. Ils racontent à "l'Obs" comment, un jour, ils ont décidé de révéler à leurs proches leur homosexualité ou leur bisexualité...

Voir la vidéo sur le site de L'Obs

 

5 infos que vous ignoriez sur le clitoris, 6 août 2016

Savez-vous que le clitoris est le seul organe humain dédié au plaisir ? Qu'il a fallu attendre 1997 pour qu'une première description exacte soit réalisée ? Qu'il mesure en moyenne 11 centimètres au repos et qu'il se compose de deux fois plus de terminaisons nerveuses qu'un pénis ?...

Voir la vidéo sur le site de L'Obs

 

Oui, certains hommes simulent... Pourquoi ? Comment ?, 30 juillet 2016

A-t-elle simulé ? Une question qui s'est posée plus d'une fois pour leurs partenaires. A-t-elle pris oui ou non du plaisir ? Le mien était-il partagé ? Mais qu'en est-il de la simulation des hommes ? Car le sujet n'est pas l'apanage d'un sexe. Il est bel et bien universel...

Voir la vidéo sur le site de L'Obs

 

Amour, sexe : un couple, plusieurs possibilités, 8 juillet 2016

La vie à deux vous refroidit ? Vous êtes blasés après moult séparations et déceptions sentimentales ? Rassurez-vous, il n’est pas toujours évident de comprendre comment fonctionne le couple aujourd’hui.Le schéma traditionnel de l’amour unique et durable se trouve ébranlé et différents modes de conjugalité se multiplient.

Voir la vidéo sur le site de L'Obs

  • 08 Juillet 2016