Billets

En évoquant le sujet, je me suis rendue compte que presque toutes les femmes dans mon entourage en souffraient et qu'à part un gel visqueux bourré d'hormones et globalement inefficace, il n'existait aucune solution pour soulager de cet enfer.

Ce trouble bénin dû à un déficit en progestérone, qui survient généralement une semaine environ avant les règles au moment du syndrome pré-menstruel, concerne entre 50% et 80% des femmes. Donc une grande majorité. Les symptômes sont, au choix : gonflement des seins qui deviennent hyper douloureux/sensibles et granuleux, sensation d'être "pleine d'eau", inconfort dans ses vêtements, impossibilité de dormir sur le ventre ou sur le côté et de faire du sport ou toute forme d'activité physique, nécessité de mettre un soutif pour celles qui n'en mettent jamais ou de mettre un soutif plus grand qu'à l'ordinaire pour celles qui en mettent, douleurs lombaires ...

On se dit évidemment que si les hommes avaient les couilles qui gonflent et au bord de l'implosion une fois par mois, on aurait sûrement trouvé un remède efficace depuis l'Antiquité.

 

  • 14 Février 2018

 
 
 
Je suis la première femme condamnée pour exhibition sexuelle en France.
 
Il y a 4 ans jour pour jour, j’ai mené une action individuelle torse nu et pro-avortement à l’église de la Madeleine à Paris avec Femen (dont je ne fais plus partie depuis 2014). Les cheveux ornés d’un voile bleu surmonté d'une couronne de fleurs, je me suis postée sur l’autel de l’église et ai brandi deux morceaux de foie de bœuf, symbole du petit Jésus avorté. Étaient peints "Christmas is canceled" dans mon dos et sur mon torse le slogan "344e salope", en référence au manifeste des 343 initié par des féministes en 1971, quand l’IVG était illégal, et qui s’exposaient alors à des poursuites pénales.
 
A l’époque, en Espagne, un projet de loi du gouvernement Rajoy envisageait de restreindre le droit à l’avortement. Le texte prévoyait d’annuler la loi de 2010 autorisant l’IVG jusqu'à 14 semaines et 22 semaines en cas de malformation du fœtus, pour l’autoriser uniquement en cas de grave danger pour la vie ou la santé physique/psychologique de la femme ou de viol. A la même période, à Strasbourg, le Parlement refusait de reconnaître l'IVG comme un droit "européen". À Dublin, plusieurs dizaines de milliers d'intégristes religieux manifestaient dans les rues contre l'IVG. Au Texas, une loi interdisait l'avortement au-delà de 20 semaines de grossesse. Aujourd’hui encore, ce droit est sans cesse remis en cause. Aux Etats-Unis, en Europe et aussi ici, en France.
 
C’était une action silencieuse et pacifique de 2 minutes, qui consistait à prendre des photos et dont le seul but était de dénoncer les positions l’église catholique et son ingérence dans la liberté des femmes à disposer de leur corps. J’avais attendu que l’église soit vide et avais pris soin de ne pas interrompre une messe.
 
Pourtant, le curé de La Madeleine a porté plainte contre moi pour exhibition sexuelle et le 17 décembre 2014, le Tribunal de grande instance de Paris m’a condamnée à un mois de prison avec sursis et à verser à l’Eglise 2 000 euros de dommages et intérêts et à payer 1 500 euros de frais de justice. J’ai fait appel de cette décision. Le 15 février 2017, la cour d’appel de Paris a confirmé la décision de première instance et ma condamnation. Je me suis alors pourvue en cassation et attends aujourd’hui le verdict.
 
Pendant des années, j’ai perçu la nudité comme un outil politique ou artistique. Mais cette condamnation m’a fait réaliser que c’était un combat en soi.
 
Je me suis rendue compte que ce n’était pas forcément le contenu de mon action qui posait problème mais le simple fait que mon propos existe. La société a réduit mon militantisme à un aspect psychologique et invalidé mon engagement en le dépolitisant. Alors que je souhaitais dénoncer une violence sexiste, mon geste a été commenté et analysé de manière sexiste. Pour résumer, une féministe qui se bat pour le droit à avorter se voit traiter d’exhibitionniste.
 
La dernière condamnation pour outrage à la pudeur publique, loi remplacée en 1994 par l’exhibition sexuelle, remonte à 1965 et concerne une jeune femme qui avait joué au ping pong topless sur la Croisette à Cannes, un geste dépourvu d’intention politique.
 
J’étais féministe avant cette action, le suis toujours aujourd’hui et le serai encore demain. Seins nus, j’ai défendu la même cause qu’habillée, celle des femmes. Chacun.e est libre de développer sa propre vision du féminisme et d’opter pour le mode d’action qui lui correspond le mieux. Certaines associations organisent des manifestations et défilent dans la rue, d’autres écrivent des tribunes ou distribuent des tracts. J’ai fait tout ça et n’ai pas décidé du jour au lendemain de descendre manifester topless dans la rue. Il s’agit d’une décision raisonnée et politique qui vise à éveiller à des questions de société et non à m’exhiber avec une intention sexuelle.
 
Ces procès posent notamment la question de l'égalité entre les femmes et les hommes à user de leur torse nu comme outil militant. En effet, quand des militants écologistes se dévêtissent pour protester contre la construction de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes ou que des intermittents du spectacle se dénudent pour interpeller les pouvoirs publics, tout le monde comprend que leur démarche est politique et personne ne les taxe d'exhibitionnistes. Alors pourquoi cela serait-il différent pour des femmes qui manifestent pour défendre leur droit à disposer de leur corps ? Est-ce que les seins sont un organe sexuel ? Les seins des femmes sont-ils plus "sexuels" que ceux des hommes ? Nos disparités biologiques ne justifient pas la domination masculine et une application différente de nos droits.
 
Pourtant en France, en 2017, une femme torse nu dans l’espace public peut être arrêtée et condamnée alors qu’un homme ne le sera pas. Son tort ? Etre une femme dotée d’un corps et choisir d’en faire ce qu’elle veut.

  • 20 Décembre 2017

"C’est quoi pour toi l’engagement ?"

Aujourd’hui, une ado de 14 ans m’a posé cette question.

J’ai commencé par lui répondre que c’était le fait de s’investir dans une cause à laquelle on croit, de prendre des risques pour la défendre, sans pour autant se mettre en péril, de se battre pour un projet ou un objectif qu’on s’est fixé. Et en parlant, j’ai réalisé à quel point je supportais de moins en moins le manque d’engagement dans tous les domaines de la vie. Pire, l’engagement de posture, celui que l’on publicise pour flatter l’ego et que l’on laisse à la porte de chez soi.

Ce discours ambiant de l’indigné-de-tout-mais-rien-à-foutre-de-rien, cette inclinaison à ne poser aucune hiérarchie de valeurs dans la vie, sauf quand ça nous arrange (pour justifier que notre viol était pire que celui du voisin, que la discrimination homophobe qu’on subit est plus hardcore que les violences sexistes que se mange la voisine, ou pour s’arranger avec nos contradictions d’altermondialistes bouffeurs de paras.)

En politique, où/qui sont les personnes qui tiennent leur ligne de bout en bout against all odds sans rester sourdes aux remarques et partages extérieurs, capables de poursuivre un combat, de conserver leur intégrité tout en évoluant et en se remettant en question ?

En amitié, où/qui sont les personnes qui ne considèrent pas parfois leurs ami.e.s pour acquis, qui travaillent à préserver le lien, sans s’encombrer de relations historiques, vestiges du passé incongrus dans le présent, maintenus par habitude, flemme ou bassesse ? Qui n’a jamais eu des ami.e.s faire-valoir, bouche-trous, complaisance, jalousie, mépris, réseau, défonce ou kleenex ? Qui n’a jamais reçu sans donner ? Qui s’attache vraiment à connaître, écouter et prendre soin des autres, à les regarder pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’on aimerait qu’ils soient ? Qui ne s’est pas un jour accommodé de cet.t.e ami.e raciste, homophobe, misogyne, agresseur/euse "qui a aussi plein de qualités à côté" ?

En couple, il y a celles et ceux pour qui l’engagement se résume à une exclusivité scellée par un bout de papier, à payer moins d’impôts, diviser un loyer par deux, enfanter (parce que sinon que faire ?) et passer sa vie aux côtés d’une personne sans plus vraiment savoir pourquoi, qui mentent, blessent, dissimulent, fuient, s’arrangent avec eux-mêmes, restent sans s’investir, démissionnent sans partir, par lâcheté, confort ou accoutumance. Ceux pour qui l’engagement est façade, qui prônent le respect à tout-va et ne se respectent pas eux-mêmes, qui ne se battront jamais pour cette conjointe qu’ils aiment, qui ne quitteront jamais ce conjoint qu’ils trompent, parce que "c’est ça la vie à deux".

D’autres qui se planquent derrière des concepts et invoquent le couple libre ou le polyamour comme engagement suprême, au nom de la liberté et de la coolitude, qui s’inscrivent dans des rapports de force et de domination, consomment les individus comme ils changent d’iPhone, qui n’affrontent rien, ne construisent rien, si ce n’est un semblant de relation qu’il faudrait leur envier, pour qui poser des limites et fixer des règles signifie avoir un balai dans le cul ou être intégriste et qui, quand on le leur signifie, nous renvoient à des arguments moraux ("toi qui montres tes seins dans les églises, t’es hyper réac en fait !"),

Il y a aussi ceux qui bradent tout, leur intimité, leurs émotions, leurs idées, leur sexualité, qui ont remisé leur courage au grenier et le sortent pour les coups de gueule quotidiens en 140 signes ou au jardin partagé du quartier le dimanche aprèm, qui élèvent des enfants sans transmettre, leur inculquent silencieusement leur non-engagement, qui font tout (ou plutôt rien) par peur du regard des autres, de déborder, de sortir du moule, d’être bruyant, de détonner, de ne pas être aimé, d’occuper l’espace tout en restant à sa place.

Pourtant, il existe des personnes "engagées". Plein. Et même si le mot est galvaudé, je voudrais les remercier, car à leur endroit, à leur manière, intime, profonde, absolue, fragile aussi, elles s’impliquent, se risquent, font, disent, parfois sans que grand-monde ne le remarque. Mais moi, (je suis loin d'être la seule), je vous vois, et vous avez toute mon admiration. ✊

  • 04 Décembre 2017

Aujourd’hui, c’est un peu mon anniversaire. Il y a cinq ans, jour pour jour, j’ai été publiquement accusée d’être escort girl. A l’époque, le slut-shaming, le revenge porn et le cyber harcèlement, toutes ces violences sexistes mises en lumière par les luttes féministes, n’étaient pas aussi connues qu’elles le sont maintenant.

Novembre 2012. Je milite dans Femen depuis plusieurs mois. Nous venons de mener une action lors d’une manifestation de Civitas, pour dénoncer leurs prises de position contre le Mariage pour Tous. Une semaine plus tard, je découvre que des sites d'extrême droite ont publié des articles et des photos de moi nue, disant que je suis escort girl. Tiens, c’est drôle, j’ai déjà été accusée de la même chose dans un tout autre contexte.

Mars 2011. En pleine crise d'inspiration, au chômage et désabusée, je suis à l'affût d'une idée de sujet truculente qui relance ma machine de piges. Façon putaclic. Je tombe par hasard sur un documentaire américain intitulé Dirty Money, the Business of High-end Prostitution, diffusé sur la chaîne américaine CNBC en 2008. Le film aux accents de journalisme gonzo s'intéresse aux motivations des clients d'escort girls et à leur parcours personnel. Pourquoi ces hommes font-ils appel à des escorts ? Qui sont-ils ? Que recherchent-ils ? Je décide de me lancer dans un projet similaire et de dresser des portraits de clients réguliers de prostituées. Je tombe sur un annuaire d'escort girls sur Google et me crée un profil mi-réel, mi-fictionnel. Je m'invente un personnage, des pratiques, des tarifs. J'ajoute des photos de moi, prises un an plus tôt par une amie journaliste et photographe (hahaha ma pauvre Marianne​, si tu avais su…). J'achète un téléphone mobile et ouvre une ligne téléphonique dédiée. J'attends. Rapidement, je reçois des dizaines de messages d’hommes avec qui j’établis le dialogue. Je tente de les mettre en confiance avec précaution, dans le but de les rencontrer.

Pas de chance, ma petite entreprise déplaît fortement à mon compagnon de l'époque. Pour lui, c’est évident, je suis une pute. Je lis souvent des articles qui traitent de la prostitution, je m’intéresse aux problématiques du travail du sexe, j’en parle régulièrement, je suis au chômage, j'ai besoin d'argent, j'ai le profil. Vu l’ambiance, j’interromps mon projet et le quitte. Une rupture qui ne sera pas de son goût, puisqu’elle débouchera quelques mois plus tard sur des violences physiques et une tentative d’étranglement, avec plainte, commissariat, et un simple rappel à la loi bien sûr.

Un an plus tard, quand la facho-sphère m’accuse d’être escort girl, inutile de dire que ça « ring a bell ». Les trolls exultent et pourrissent mes réseaux sociaux. J'incarne ce qu'ils abhorrent : une femme, féministe, qui s’oppose à leurs idées, vaguement « journalope » de surcroît. Pour couronner le tout, mes coordonnées personnelles sont jetées en pâture sur la toile. Une vidéo d’Alain Soral m’est consacrée (dans laquelle il révèle avoir été averti de ma puterie par mon ex), un clip de Kroc Blanc, rappeur nationaliste masqué et bien courageux, m’est dédié, et quand on tape mon nom dans Google « prostituée » et « escort girl » sont les uniques occurrences sur des dizaines de pages. Tout le monde me regarde comme une paria, mes employeurs, qui se désagrègent les uns après les autres, mon entourage, #LesGens. Ben oui, je suis une femme active sexuellement, j’ai fait des photos dénudées, je montre mes seins dans la rue, il faut dire que je cherche aussi (et je dois être un peu une malade mentale quand même).

Mes comptes Facebook et Twitter se transforment en mur d'invectives vomitoires. Des inconnus m'injurient par e-mail. Je me fais insulter et menacer à longueur de journée. On m'appelle sur mon téléphone portable, on me menace. Je change de numéro. Je reçois des appels sur mon téléphone fixe en pleine nuit : « Sale pute, on va te baiser. » On sonne à mon interphone : « Salut la pute, on vient te défoncer. » On sonne à ma porte : « On est là, baisse ta culotte, salope. » Je change de numéro de fixe. Je refuse de me tapir chez moi et de croupir dans la psychose. Je sors, la boule au ventre, épie les passants, voyant en chacun d'eux un agresseur potentiel, me pense suivie, tressaille au moindre bruit de pas. Je ne dors pas. Je vis en état d'alerte permanent. Je perds du poids, des cheveux et ce qui me reste de placidité.

Côté Femen, le mouvement refuse de se prononcer publiquement sur le sujet. Aucune des militantes ne me demande frontalement si je suis ou si j'ai véritablement été prostituée, mais je sens en permanence le doute dans leur regard, ce qui est bien pire. Heureusement, d’autres militantes féministes m'apportent leur soutien (merci pour toujours les meufs #YouKnowWhoYouAre #AmourSurVous <3).

Dans ces moments-là, on est seule, on a honte, on regrette d’avoir fait ce qu’on a fait. Mais quoi au juste ? Voulu faire un article pour payer son loyer ? Face à la police, aux avocats non formés à ces problématiques, notre parole est sans cesse dévalorisée, et la violence se rejoue.

Tout ça pour dire, que 5 ans plus tard, il est inadmissible de voir que ces violences sexistes demeurent impunies, que la parole des femmes est encore remise en doute (bien que les choses semblent lentement évoluer), que les plaintes n’aboutissent pas. J’étais adulte, insérée dans la société, entourée, et pourtant ça m’a profondément affectée. Imaginez le carnage sur une adolescente en pleine construction ? Sur une femme isolée, fragile, précaire, migrante ?

A toutes les femmes qui ont vécu des relations passées avec des partenaires violent.e.s, abusifs/ves, et ont du mal à se regarder en face, se sentent coupables, se détacher de certains schémas prend du temps, c’est un chemin. Comme le féminisme, la déconstruction et tout le toutim. Ces choix faits à un instant T d’une vie ne disent rien d’autre que #LaRouteEstLongue. Et c’est souvent en se prenant des parpaings qu’on se remet en question et qu’on grandit.

Aussi, merci et bravo aux associations, structures, individus qui bossent d’arrache-pied sur ces sujets dont le Collectif Féministes contre le cyberharcèlement​, le Centre francilien pour l'égalité femmes-hommes​, Paye Ta Shnek​, FeminismVsCyberBully, Association Mémoire Traumatique et Victimologie​, Féministes Plurielles​, et toutes celles et ceux que j’oublie et qui œuvrent dans le bon sens.

Last but not least, nous vivons encore dans une ère où traiter une femme de pute est la pire ignominie possible. Ça en dit long sur la putophobie intégrée qui lancine en chacun.e de nous.

Alors une fois n’est pas coutume, le combat continue.

  • 17 Novembre 2017

A celles et ceux qui continuent de me dire "comment tu fais pour défendre le rap et être féministe ? C’est la musique la plus sexiste qui existe", voici 30 citations d’artistes et écrivains reconnus, étudiés à l’école et vénérés, dont le sexisme ne semble déranger personne.

Tant qu’il s’agit d’hommes blancs (pour la plupart hétérosexuels), à la masculinité bien normée, on les érige en références populaires. On applaudit tous ces messieurs de la variété et de la littérature qui parlent de leur désir pour des femmes, souvent objectivées, méprisées, et dont on ignore le degré de consentement, car le tout est enrobé dans du prétendu romantisme. Résultat, on nous colle des stéréotypes désastreux dans le crâne et on nous apprend que ces artistes sont des gentlemen, tandis que les rappeurs sont des brutes bornées, des racailles misogynes, des sauvages capitalistes ou des délinquants illettrés.

La poutre, la paille, l’œil du voisin, toussa.

- "Si tu ne fermes pas ta gueule, tu vas mordre la poussière" (The Misfits – Attitude)

- "Tu sais combien j’ai besoin de te passer à tabac le samedi soir" (Pink Floyd - Don’t Leave Me Now)

- "J’ai senti le couteau dans ma main et elle a arrêté de rire" (Tom Jones - Delilah)

- "Je préfèrerais te voir morte plutôt qu’avec un autre homme" (The Beatles – Run for Your Life)

- "Sous mon joug, elle est le plus adorable animal de compagnie au monde. Ça dépend de moi, la manière dont elle répond quand on lui adresse la parole" (The Rolling Stones – Under My Thumb)

- "Que c’est bon de choisir une minette. Dans ces filles à vedette qui ne sont venues que pour ça. C’est bon de serrer dans ses bras une groupie, une groupie. (…) C’est un joli parasite qui s’accroche et que l’on quitte. Quand on en connaît un meilleur, ça ne reste pas dans le cœur" (Michel Delpech – Les groupies)

- "Le comble enfin, misérable salope, comme il n’restait plus rien dans le garde-manger, t’as couru sans vergogne, et pour une escalope, te jeter dans le lit du boucher." (Georges Brassens – Putain de toi)

- "Sous la soie de sa jupe fendue en zoom en gros plan, tout un tas d’individus filment noirs et blancs. Mélissa, métisse d’Ibiza, a des seins tous pointus" (Julien Clerc – Mélissa)

- "Si tu sais te servir de ta beauté, ma belle, et pour lui faire plaisir t’encombrer de dentelles (…) Si tu n’écoutes pas la voix des mal-aimées qui voudraient à tout prix te citer comme témoin au procès du tyran qui caresse ta main… " (Michel Sardou – Une femme, ma fille)
"J’ai envie de violer des femmes, de les forcer à m’admirer, envie de boire toutes leurs larmes et de disparaître en fumée" (Michel Sardou – Les villes de grandes solitudes)

- "Les femmes sont tellement menteuses, qu'on ne peut même pas croire le contraire de ce qu'elles disent." (Georges Courteline)

- "Il n'y a que dans les courts instants où la femme ne pense plus du tout à ce qu'elle dit qu'on peut être sûr qu'elle dit vraiment ce qu'elle pense." (Georges Feydeau)

- "Les femmes préfèrent les hommes qui les prennent sans les comprendre, aux hommes qui les comprennent sans les prendre." (Marcel Prevost)

- "Une bonne affaire : acheter toutes les femmes au prix qu'elles valent et les revendre au prix qu'elles s'estiment." (Jules Renard)

- "Les femmes ressemblent aux girouettes, elles se fixent quand elles se rouillent." (Voltaire)

- "C'est nous qui faisons des femmes ce qu'elles valent et voilà pourquoi elles ne valent rien." (Mirabeau)

- "Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste." (Baudelaire)

- "C'est souvent la femme qui nous inspire les grandes choses qu'elle nous empêche d'accomplir." (Alexandre Dumas Fils)

- "Les femmes n'interviennent jamais dans mes romans tout simplement parce qu'elles parleraient tout le temps et que les autres ne pourraient plus rien dire." (Jules Verne)

- "Les jambes permettent aux hommes de marcher et aux femmes de faire leur chemin." (Alphonse Allais)

- "Les femmes forment un sexe purement décoratif. Elles n'ont jamais rien à dire, mais elles le disent d'une façon charmante. " (Oscar Wilde)

- "Une femme fidèle rend un seul homme malheureux." (Camus)

- "Les femmes sont les instruments interchangeables d'un plaisir toujours identique." (Marcel Proust)

- "Dieu créa l'homme et, ne le trouvant pas assez seul, il lui donna une compagne pour mieux lui faire sentir sa solitude." (Paul Valéry)

- "Pourquoi perdre son temps à vouloir contredire son épouse ? Il est beaucoup plus simple d'attendre qu'elle ait changé d'avis." (Jean Anouilh)

- "Ah les femmes, ces animaux sans queue ni tête !" (Sacha Guitry)

- "Les femmes sont étonnantes : ou elles ne pensent à rien, ou elles pensent à autre chose." (Alexandre Dumas)

- "La femme qui veut réellement refuser se contente de dire non ; celle qui s'explique peut être convaincue"(Alfred de Musset)

- "L’amitié de deux femmes n’est jamais qu’un complot contre une troisième." (Alphonse Karr)

- "Une femme sans poitrine, c’est un lit sans oreiller." (Anatole France)

- "Les femmes se prennent comme des lapins... par les oreilles." (Victor Hugo)

#sexisme #rap #hiphop #féminisme

  • 24 Octobre 2017

Quand j’avais 26 ans, j’ai travaillé pendant 6 mois pour un label de musique en plein essor. Mon boss direct (N+1 comme on dit dans le jargon managerial) embauchait exclusivement des filles. Les nouvelles recrues avaient toutes le même profil : jeunes, jolies (au sens hétéronormé du terme), sur-diplômées et en « errance » professionnelle. 

Il nous harcelait toutes. Aucune frontière entre vie privée et vie pro, réflexions déplacées, mains baladeuses, roulage de pelle lors d’un afterwork, sortage de bite sous le nez (littéralement) d’une nouvelle stagiaire, coinçage dans les chiottes, tout ça pour un SMIC et les remerciements de la maison.

Très vite, un rapport de force s’est instauré entre lui et moi, parce que je lui signifiais, en faisant des blagues maladroites, (je ne voulais pas me faire complètement détester et j'avais besoin d'un salaire), qu’il n’avait pas à se comporter ainsi. Est alors venu le temps des allusions sur ma sexualité. Si je refusais les « compliments » de mon supérieur, c’est parce que j’avais un problème avec les hommes. D’abord étiquetée « agressive », je suis vite devenue « gouine », un élément corroboré par mes tatouages et ma rousseur (réelle ou factice ?)

Son supérieur (qui ne travaille plus dans la boîte aujourd’hui) avait lui aussi toujours une petite boutade salace sexiste et un geste malvenu à l’attention de ses employées. Mais c’était vraiment trop cool, non ? On bossait dans la musique, on pouvait peut-être croiser des stars et aller à des soirées branchées, ça valait bien le coup.

Tout le monde savait, personne n’a jamais rien dit. J’en ai parlé à mes collègues : certaines tenaient un double discours (me donnaient raison puis retournaient leur veste en présence du harceleur), d’autres étaient flattées de s’entendre dire qu’elles avaient un joli cul, une grande majorité travaille toujours dans cette boîte aujourd’hui, une infime minorité a quitté le navire. Sept ans plus tard, mon ex-boss a gravi les échelons et a encore bel avenir devant lui.

Si je n’en étais pas partie, je serais en dépression au dernier degré, et j’aurais certainement cédé aux pressions, en devenant moi-même complice de cette violence sourde, ou me serais épuisée à résister tant bien que mal face à un système qui me dépassait.

#harcèlementsexuel #harcèlement #sexisme #metoo #balancetonporc

  • 15 Octobre 2017

D'un côté, une première victime qui brise le silence, sort du cercle infernal des non-dits et de la culpabilisation, et en face, une autre victime qui perçoit la démarche de la première comme insupportable car elle la renvoie à sa propre intériorisation de la violence.

Plus le temps passe, plus je constate que les victimes de violences sexuelles jamais reconnues ou abandonnées à leur propre reconstruction deviennent un jour ou l’autre des agresseurs, le temps d'une phrase, d'une soirée, ou pour toujours. Que cette violence qu'elles ont subie et qui vit toujours en elles ressort forcément à un moment donné sous des formes inadéquates et destructrices.

Ces victimes de violences sexuelles qui n'ont jamais demandé de l'aide, qui se sont persuadées que "ça arrive", qui ont fait de leur agression un événement banal, voire constructif de leur chemin de vie, qui conseillent au premier proche de courir chez un psy après un vol, un accident de voiture, ou un licenciement mais pour qui, appliquée à elles-mêmes, la thérapie est synonyme de faiblesse.

Ces victimes qui se sont inventées un storytelling de guerrier.e. pour sur-vivre, qui se mettent à détester les autres victimes, qui se servent insidieusement de leur statut pas-vraiment-assumé de victime pour agresser autrui, comme si ce qu'elles avaient vécu par le passé légitimait et excusait qu'elles produisent de la violence dans le présent.

Ces victimes qui se vantent de "s’en être sorties toutes seules" alors que n’importe qui peut voir à 10 kilomètres qu'elles sont en grande souffrance. Vous savez quoi ? Personne ne se remet tout seul de telles violences, non pas parce que nous sommes faibles mais parce que nous sommes humains, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. C'est tellement plus facile de traiter autrui comme autrui nous traite/a traités, mais ce n’est certainement pas comme ça qu'on va régler le problème des violences sexuelles et sexistes. Car comment lutter contre ce fléau si on est incapable de se reconnaître soi-même comme victime ou si on décrète, comme consolation éphémère et illusoire, que notre statut de victime nous octroie le droit de devenir bourreau ?

#angot #rousseau #christineangot #sandrinerousseau #ONPC #ruquier #inceste #agressionssexuelles #victimes

  • 01 Octobre 2017

Fin août 2015, j'ai lancé Madame Rap sur un coup de tête, agacée après un dîner entre féministes ou pour la énième fois on me répétait que je ne pouvais pas aimer le rap et être une "bonne" féministe. A l’époque, ce n’était qu’un Tumblr qui rassemblait 300 rappeuses internationales. 
En janvier 2016, la DJ Emeraldia Ayakashi a rejoint l'aventure et nous avons fondé le premier média en France dédié aux femmes dans le hip hop.

Aujourd'hui, Madame Rap est un média qui répertorie plus de 2000 rappeuses du monde entier et propose 100 interviews d'artistes internationales, une agence de booking (concerts, freestyles, cyphers), un e-shop, un label, et une association de loi 1901 totalement indépendante. Nous programmons une cinquantaine d’artistes françaises et internationales, organisons dans toute la France des ateliers auprès de jeunes publics, des formations auprès de professionnel.l.e.s, des DJ sets et participons à des conférences.

Notre but, mettre en lumière le hip hop et les arts urbains au féminin, démontrer que le rap n’est pas la musique la plus sexiste et homophobe qui existe, combattre les clichés et rendre hommage à cette culture inclusive, plurielle et d’une richesse inouïe. Nous célébrons aussi le hip hop politique, militant, transversal, 'hors normes', qui transcende les catégories et décolle les étiquettes.

Merci à vous tou.te.s, nos partenaires, les gens un peu fous qui nous font confiance, les vrai.e.s, les artistes, les soutiens multiples, les encouragements, la force, les rigolades, les prises de risques et le partage de cette passion et de valeurs communes.

BIG UP, grâce à vous, les femmes dans le hip hop ont enfin la place qu’elles méritent ! 

Photo © P-Mod

#hiphop #rap #madamerap #femmes #féminisme #rappeuses

  • 27 Août 2017

Après Samantha Geimer (13 ans) et Charlotte Lewis (16 ans) voici Robin, 3e femme qui accuse Roman Polanski de l'avoir agressée sexuellement quand elle avait 16 ans.

Pour rappel, les fausses accusations d'agressions sexuelles sont très rares et représentent moins de 6% des cas

Quand va-t-on enfin reconnaître la parole de ces victimes, sortir du déni collectif face à des Polanski, Woody Allen ou Bill Cosby sous prétexte que ce sont des artistes "talentueux" et cesser de présenter celles/ceux qui les dénoncent comme des censeurs, des rabat-joie et des dangers pour l'Art ? Quand va-t-on arrêter de banaliser les artistes agresseurs au motif qu'il serait "normal" pour eux d'avoir une vie dissolue et une sexualité débridée, mineurs compris et consentement exclus ?

  • 16 Août 2017

Ce soir, lors d'un rendez-vous professionnel, - et ouais je taf le samedi à 23h woohoo - il m'a pris l’envie de bitcher sur quelqu'un (un truc que je ne fais ja-mais en temps normal). Une artiste. Une personne qui s'auto-définit comme "engagée et marginale", qui déclare que la guerre c'est mal, les fleurs c'est girly, les filles féminines c'est beau, les pauvres et les réfugiés c'est vraiment trop triste et manger les animaux c'est pas bien mais se maquiller avec c'est OK. Et là, je me suis pris une levée de boucliers à base de "pas cool ce que tu fais", au nom de la fameuse sororité. Et que les-femmes-ne-se-soutiennent-pas-assez-entre-elles, et que si même moi je fais ça, que-je-ne-vienne-pas-me-plaindre-après et que en tant que femme, "s'attaquer" à une autre femme ne serait pas féministe.

Pourtant, je ne glosais pas sur cette personne en raison de son genre mais de son travail. Etre féministe ne signifie pas se transformer en chamallow hébété dépourvu d'esprit critique, qui fait des câlins et de bisous cœurs à toutes les meufs. En fait, cette injonction à la sororité ressemble fort à une forme d’oppression sexiste déguisée. Les "bonnes" féministes devraient donc toutes faire preuve d'indulgence envers toutes les femmes, sans distinction, mais pourquoi ? Parce qu'entre clitos on est complaisantes ? Parce qu'on est incapables de réfléchir et d'émettre une opinion ? Parce que notre avis dérange ? Une fois de plus, on nous réduit à nos émotions, façon "tu as le droit d’éprouver de l’empathie mais pas de critiquer et d'argumenter, faut pas déconner." Quant aux hommes, on les estime tout à fait capables d'user de discernement et de faire preuve de solidarité quand bon leur semble. Je remarque qu'on nous fait souvent le coup de la sororité ces derniers temps et que 9 fois sur 10, cette recommandation condescendante s'avère une pirouette pour nous faire fermer notre gueule.

Bref, quand j'ai expliqué que les femmes que je soutiens et admire sont des êtres remarquables à moult niveaux (et que, cerise sur le gâteau, elles ont un vagin), on m'a répondu : "On va y aller." CQFD.

#féminisme #sexisme #sororité #femmes

  • 28 Juillet 2017